Les tribulations de deux jeunes femmes souhaitant faire partager leurs moments d'existence de façon à aider toute la gente humaine ayant un jour connu ces situations, le tout avec beaucoup d'humour et d'autodérision, parfois même au dépend des autres.
Hier et depuis déjà plus d'une semaine je suis à nouveau sortie ....seule.
Non que je m'en plaigne bien au contraire, je me redécouvre et apprends une fois de plus à mieux voir, mieux penser, et forcément avancer.
Donc hier, après un long moment d'énervement, j'ai finalement trouvé une place dans le quartier Strasbourg St Denis.... pourquoi ce quartier? Bien parce que le matin en ouvrant les yeux, j'ai souhaité aller au théâtre. Parce que cela faisait des lustres, parce que j'avais besoin de vibrer, de ressentir ce que je peux ressentir aussi quand je lis, des émotions qui se greffent au creux de mon ventre dans un endroit propice.
Cet endroit fut "La Comedia" 4 Bd de Strasbourg, et la piuèce choisie : "Le Cid" mise en scène Thomas le Douarec, fort brillante et agréable puisque mêlant le Flamenco a ce classique.
Qui connait le Cid?
C'est une histoire déchirante : Chimène aime Rodrigue et Rodrigue aime Chimène. Mais lors d'une violente bataille contre le père de Chimène, Rodrigue tue ce dernier dans un élan de défense.
Chimène qui adorait son père se trouve alors mêlée à une confusion de sentiments aimer le meurtrier de son père alors que son honneur lui réclame vengeance.
Elle lance alors par le biais du Roi une vendetta contre Rodrigue, prêt à lui offrir sa tête sur un plateau, mais elle le supplie de jouer le jeu et de se défendre.
Dans sa fuite, il sauve l'Espagne de l'attaque des maures et devient alors un héros national contre lequel il n'est de bon ton de lutter. Chimène lance alors, à l'encontre de son coeur, un dernier assaut contre son amant. Elle s'offrira comme épouse à celui qui tuera Rodrigue.
Mais le Roi n'étant pas dupes de leurs sentiments, lui impose de s'offrir à Rodrigue si c'est lui le vainqueur.
je vous passe les détails de la dernière bataille mais je vous confie que les amants maudits se retrouvent et s'enfuient pour vivre leur amour!
Le tout parfaitement et jsutement interprété, surtout le Roi! Une parodie cocasse dans l'habit et le ton.... délicieux!
Et cet endroit.... je ne connaissais pas ce théâtre, le rideau m'a laissée pantoise! Un rouge vif orné de dentelle brillante en bas, scintillant et rutilant....
Et l'entracte....avec ma coupe de champagne, tranquille dans une grande pièce reposant sous un lustre des années 20 imposant et magnifique.
Comme d'habitude j'ai pris le temps, même lorsque la reprise a sonné! Ce qui m'a valu une rencontre fort intéressante : la barmaid ainsi qu'une spectatrice restée comme moi pour profiter du calme. Deux personnages insolites sortis tout droit d'un comte ou je ne sais trop!
La barmaid ancienne prof, une dame ronde habillée de noir, à la peau très blanche, un palmier blond se dressant sur la tête, un rouge à lèvre rose rose rose, mais des ongles assortis, et tenant une cigarette éteinte pendant qu'elle agitait ses petites mains potelées en me racontant sa vie et à quel point j'étais sympathique....et elle aussi d'ailleurs au passage!
Mais à chacune de ses paroles l'autre femme inclinait la tête en faisant signe que oui, des mouvements de cou allant de haut en bas de façon très prononcée, à la Anne Roumanov, oui c'est ça, un clone d'Anne Roumanov, dans la voix et les attitudes!!!!! J'ai souris intérieurement plus d'une fois, mais j'ai passé un moment agréable qui aurait pu me valoir le droit à une loge, mais j'ai préféré sagement retourner à ma place!
Et après cette pièce, je suis lentement retourné à ma voiture en traversant le passage Brady, ses couleurs, ses odeurs... j'ai falli m'y posé pour dîner indien, mais j'ai eu envie de voir un endroit familier alors je suis allée boire un verre au footsie.
Je ne sais pas pourquoi j'aime autant cet endroit, mais je m'y sens bien! Et du coup ma bière s'est transformée, en deux acr le barmann m'en a offert une, en shots car je lui en ai payé un et des garçons arrivés plus tardivement auxquels j'ai conseillé ce breuvage m'en ont à leur tour offert un! Et en manzana pour le bouquet final avant de me lancer avec un jeune italien dans une salsa endiablée qui nous a valu les regards de tous! Et telle une cendrillon, j'ai fui juste après en courant sous la pluie vers ma voiture!
Et je me suis écroulée sur mon lit quelques minutes plus tard, les cheveux humides, et la pensée vagabonde, essayant de trier et de comprendre et constatant que ma vie seule n'a rien de mauvais, juste peut être le manque de ne pouvoir parler ou rire sans arrêt. Mais au final je vis les mêmes situations, drôles émouvantes et Ludo avait alors peut être raison lorsqu'il disait qu'avec moi on vit toujours des trucs déments et que c'est parce que je suis ce que je suis : une belle personne d'après ses mots. Je commence un peu à le croire, une belle personne! C'est peut être ce que je suis!
Et puis il y a ce beaux proverbe africain qui dit "Au bout de la patience il ya le ciel!"